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Ge Hong l'alchimiste : morceaux choisis

Ge Hong, le "Maître qui embrasse la simplicité" (BaoPuZi) a vécu au IIIè siècle de notre ère et a remarquablement synthétisé l'art alchimique de l'immortalité, seule voie selon lui pour conjurer la peur de la mort.L'article ci-dessous reprend quelques citations de l'ouvrage : "Ge Hong : la voie des divins immortels" paru en 1999 aux éditions Gallimard.

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Le traité du "Maître qui embrasse la simplicité" n'a été découvert qu'au XXe siècle. Il est en Chine le premier traité d'alchimie et d'immortalité. Son auteur Ge Hong, a vécu au IIIè siècle de notre ère et consacrait l'intégralité de ses maigres revenus à acheter des livres. Érudit, il est également médecin, maître d'armes, stratège, philosophe et... alchimiste. Ses travaux l'amènent à conclure que la Voie des Immortels est la seule à emprunter pour conjurer la peur de la mort. Cette voie tourne autour du raffinement de son énergie et l'élaboration de son élixir d'immortalité, de la conduite du souffle et de l'art de l'alcôve permettant de "retourner l'essence pour renforcer le cerveau". On dit qu'on lui doit indirectement l'invention de la poudre à canon au IXè siècle et l'inoculation de la variole au Xè siècle. Les morceaux choisis ci-dessous sont extraits de l'ouvrage "Ge Hong : la voie des divins immortels", paru en 1999 aux éditions Gallimard.

"L’apprentissage de l’immortalité exige que l’on parvienne au calme et à la sérénité, que l’on se défasse de toute passion, de tout désir, que l’on intériorise la vision et que l’on inverse l’écoute, que le corps soit paisible et le cœur absent".

"L'art de l’immortalité requiert que l’on étende son amour à ce qui rampe et grouille, que l’on ne nuise à rien de ce qui possède un souffle". (On peut s'interroger sur l'influence bouddhiste de cette sentence)

"L'art de l’immortalité requiert que l’on étende son amour aux huit frontières, que l’on considère autrui comme soi-même". (On peut s'interroger sur l'influence confucianiste de cette sentence)

"Les livres des immortels disent : prenez l’élixir, préservez l’Un et vivez aussi longtemps que le ciel. Retournez l’essence, Respirez comme l’embryon et prolongez votre vie indéfiniment".

"La Voie est la source de toute créature, lorsque le confucianisme n’est qu’un affluent du grand Irrigateur". 

"À celui qui recherche l’immortalité, il suffit d’acquérir l’essentiel. L’essentiel est dans la thésaurisation de la semence, la conduite du souffle et l’absorption d’une grande médecine".

"La conduite du souffle (...), l’essentiel en est la respiration embryonnaire. Lorsque l’on débute dans l’apprentissage de la conduite du souffle, l’on attire le souffle à l’intérieur du nez puis on enferme et l’on compte 120 battements de cœur. L’on peut, au terme d’une longue pratique, arriver jusqu’à 1000 (...). Il est rare que l’homme puisse trouver le calme nécessaire à la pratique de cette discipline".

"Quant aux arts de la chambre à coucher l’essentiel tient en une seule chose : retourner l’essence pour renforcer le cerveau".

"Je vois souvent de ces confucianistes vulgaires, gardiens de souche, tourner en rond avec leurs savoirs, sans chercher à étendre leur compréhension des lois universelles. Instruisez les, ils sont bornés. Soyez bienveillants, ils ne comprennent pas. Ils ornent leurs discours pernicieux, calomnient et persécutent les taoïstes".

"Même avec une volonté sincère et un but élevé, celui qui acquiert les livres mais n’obtient pas l’enseignement d’un Maitre lèvera les yeux sans voir la tête et les baissera sans connaître les pieds".

Discours sur le mystère  

"Le mystère est l’ancêtre originel de la nature, Le grand aïeul de toutes les diversités. Ses profondeurs sont insondables : On le nomme l’imperceptible. Il s’étend à l’infini : On l’appelle le merveilleux. Il se lève plus haut que les neuf empyrées, S'étend plus loin que les huit directions. Plus lumineux que le soleil et la lune, Plus rapide que l’éclair dans sa course Tantôt il apparaît, éblouissant, puis s’évanouit comme une ombre, Tantôt traverse le ciel, puis disparaît telle une étoile filante. Ils se fond dans les profondeurs abyssale, Flotte parmi les brumes et les nuages. Il est quand il prend forme en toute chose. Il n’est plus lorsqu’il sombre dans l’obscurité et l’oubli. Il s’enfonce est plonge dans les ténèbres, S’élève et dépasse les étoiles. La pierre et le métal ne peuvent être comparés à sa force, La rosée du matin ne peut égaler sa douceur. Il est carré sans équerre, rond sans compas. Nul ne le voit quand il s’en vient, Nul ne le suit lorsqu’il s’en va. Par lui le ciel est haut, Par lui la Terre est basse. Par lui les nuages voguent, Par lui la pluie se répand. Il porta l’Un Originel, Donna forme aux Deux Principes, Insuffla le grand commencement, Forgea la multitude des espèces, Mis les 28 constellations en mouvement, Façonna les ténèbres primitives, Attela la machine céleste, Souffla les quatre saisons. En fermant le vide et le silence dans l’obscurité, Il ouvrit grande les portes de la lumière et de la vie. Il abaissa l’impureté, éleva la pureté, Et fit couler les eaux du fleuve et de la Weï. L’augmenter ne le fait pas déborder, Le diminuer ne le désemplit pas. Ce qui lui est donné ne le renforce pas, Ce qui lui est pris ne l'affaiblit pas. Ainsi, là où le mystère est présent, La joie est inépuisable, La où le mystère n’est plus, Le corps dépérit et l’esprit meurt".

Bibliographie

"La voie des divins immortels"

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