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Tchouang Tseu, le sage libre et universel

Tchouang Tseu est le 2è sage fondateur du taoïsme après Lao Tseu (LaoZi). Formidable raconteur d'histoires, cet article reprend quelques éléments clés de sa biographie ainsi que quelques citations éclairantes.

· Articles pour tous

Tchouang Tseu a vécu à l'époque des Royaumes combattants aux alentours du IVè s. av. JC. Le personnage aurait effectivement existé et refusé une charge importante auprès du roi Weï de Chu. Il nous a laissé des paraboles éclairantes et parfois truculentes, mettant en scène des personnages de différents milieux, des émissaires de roi, des princes, des artisans, des bouchers, des penseurs comme Confucius (qu'il ne se gêne pas d'égratigner au passage), sans oublier de se mettre en scène lui-même, en parlant de lui à la troisième personne et de manière totalement détachée.

Il délivre au fil de ses historiettes étrangement contemporaines, de formidables leçons de vie et une compréhension supérieure du fonctionnement de la nature et du cosmos. Plus concret et plus individualiste peut-être que le fondateur légendaire qu’était Lao Tseu, il donne au taoïsme ses lettres de noblesse et fait rentrer le mouvement philosophico-spirituel dans l’art de la littérature.

"La parfaite doctrine est aussi proche de l’être humain que l’ombre de la forme et que l’écho du son. Appelez-la, elle répond, impartiale, prête à remplir son rôle d’aide".   

"Qu’est-ce que le Tao ? Il y a le Tao du ciel et il y a le Tao de l’homme. Dans le non-agir qui s’impose, voilà le Tao du ciel. Dans l’action et ses conséquences, voilà le Tao de l’homme. Le Tao du ciel est fondamental. Le Tao de l’homme est accessoire".   

"Le sage taoïste sait que toutes choses reviennent à l’unité, et que la vie et la mort sont des phases de la même existence".   

"Préserver sa forme, vivre sa vie, établir ses qualités et réaliser le Tao, n’est-ce pas là s'accomplir ?"   

"Si la tranquillité de l’eau permet de refléter ce qui se présente, que ne peut celle de l’esprit ? Il est tranquille l’esprit du sage, miroir de l’univers et des êtres".   

"Diriger les autres nécessite de se rectifier d’abord soi-même".    

"Le Tao est sans fin et sans commencement. Tout le reste meurt, vit, et régi par l’impermanence".   

"Qu’est-ce que l’ordre cosmique ? Le cheval et le bœuf ont 4 pieds, voilà l’ordre cosmique. On passe une bride sur la tête du cheval, un anneau dans le museau du bœuf, voilà l’ordre humain".   

"Oublier la distinction entre le pour et le contre permet à l’esprit de s’adapter parfaitement aux influences intérieures ou extérieures, en s’oubliant dans l’acte". 

"L’univers est très beau mais il n’en parle pas. Les quatre saisons se succèdent selon leur loi mais elles n’en discutent pas.La création entière se base sur des principes absolus qui demeurent informulées".  

"La vérité se trouve dans la sincérité, quiconque n’est pas sincère ne peut agir sur autrui. Seule la vérité intérieure permet à l’esprit d’agir à l’extérieur". 

"Celui qui ne participe pas à l’universelle transformation, comment pourrait-il transformer les autres hommes ?" 

"Confucius rapporte que, lorsqu’il était en mission dans le pays de Tchoui, il vit de jeunes cochons qui tétaient les mamelles d’une truie qui venait de mourir. Mais ils s’arrêtèrent rapidement et s’éloignèrent car leur mère ne les regardait plus et avait changé d’état. Ils avaient aimé en elle non son corps mais ce qu’il animait".  

"La méthode de la purification de l’esprit consiste en ceci : D’abord se concentrer. Ne pas écouter par l’oreille mais par l’esprit. Ne pas écouter par l’esprit mais par le souffle. L’oreille écoute, l’esprit représente, seul le souffle se conforme à toutes situations car il est vent vide. 

"Et le Tao chevauche le vide. Le vide purifie l’esprit. Dans le vide de l’esprit pénètre la lumière comme le paysage par la fenêtre d’une pièce vide".   

"Savoir que le savoir peut ne pas savoir, demeure le plus haut savoir".  

"Une petite connaissance ne saurait se comparer à une connaissance large. Une courte vie n’est pas comparable à une longue existence. Comment peut-on savoir cela ? Le champignon d’un matin ne connaît pas l’alternance du jour et de la nuit. La chrysalide ne connaît pas l’alternance du printemps et de l’automne".  

"J'ai entendu mon maître dire : là où il y a des machines, on aura des affaires de machines. Ces affaires de machines donneront des gens avec des cœurs de machines". 

Bibliographie: 

"Aphorismes et paraboles". Tchouang Tseu. Albin Michel

"TchouangTseu : oeuvre complètes". Gallimard (Connaissance de l'Orient) 

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