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Le temps et le troc : nouvelle monnaie et nouveau marché du printemps des consciences ?

A l'heure où les planches à billets tournent à plein régime, de plus en plus d'experts notent le différentiel croissant entre la finance et l'économie réelle, le risque de plus en plus grand de l'éclatement de la bulle boursière et de l'effondrement du secteur bancaire lié à l'endettement excessif de nos états, de nos ménages et de nos entreprises. Le Métal nous invite à réfléchir sur le risque systémique (la vérité) et à anticiper dès à présent les parades possibles avec un retour en force de l'économie du troc.

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La période du Métal est le moment d'évoquer la question monétaire

On l'a dit ailleurs, les années 2020 et 2021 de Métal nous appellent au repli et préparent l'introspection des années 2022 et 2023. Ces 3 années cruciales nous invitent à préparer le nouveau cycle du Bois qui démarrera en 2024 et que l'on pourrait appeler le "printemps des consciences". Par essence, le Métal associé à l'automne prépare les corps et les esprits à la morsure de l'hiver et du froid (on coupe le bois pour le feu, on rentre les provisions) mais il rassemble et thésaurise également les ressources en vue du lancement du prochain cycle (on plante, on sème et on protège en prévision du printemps à venir).

Ce moment "métallique" que l'on voudrait parfois éviter parce qu'il renvoie aux choix et aux sacrifices, est pourtant nécessaire au cycle. En effet, pas d'expansion sans contraction, pas d'amplitude sans repli, pas d'expiration sans inspiration. Le moment du Métal est un moment de préparation, de recentrage, d'anticipation protectrice pour faciliter le redémarrage du Bois en mars ou en avril. Selon l'examen et les actions engagées dans la période du Métal de l'automne dépendront les conditions du redémarrage de la vie et la qualité future de la récolte, les conditions de la renaissance du vivant.

Pas si loin que cela de cette image potagère, nos sociétés malades se trouvent par nécessité sanitaire, environnementale, politique, ontologique mais également socio-économique dans cette phase de cristallisation et de préparation du prochain cycle. Cette nécessité d'introspection, d'autocritique et d'invention d'un nouvelle sagesse s'accentuera encore en 2022 et en 2023 avec l'arrivée de l'Eau qui ne permettra plus les évitements ni les approximations.

Parmi les efforts à engager dans les années qui viennent pour rebâtir une société plus sage et harmonieuse, la question monétaire et économique n'est pas la moindre. Certains experts parlent de l'abandon des monnaies fiduciaires (les pièces et les billets) au profit d'une crypto-monnaie sécurisée qui permettrait de prévenir les transactions illicites (blanchiment, trafics, travail au noir) mais également de tracer tous les échanges. D'autres annoncent un effondrement du système bancaire sur fond d'éclatement de bulles boursières ou spéculatives (le cours des métaux atteint des sommets), d'endettements étatiques et privés démesurés, de production monétaire et de défiance croissante vis-à-vis des monnaies et des capacités des états à rembourser, et concrètement vis-à-vis des établissements bancaires qui pourraient limiter l'accès à nos comptes comme cela est arrivé à la Grèce ou à Chypre il y a quelques années. La planche à billets fonctionne aujourd'hui tous azimuts (Le dette se monte à 120% du PIB en France fin 2020) et les marchés se déconnectent plus encore de l'économie réelle. Les monnaies privées commencent à apparaître et la Chine prépare la sortie du crypto-Yuan, la première monnaie souveraine pour sortir de l'emprise et de la virtualité du dollar (en plus d'arrière-pensées géopolitiques). Comme dit le proverbe, les arbres ne montent jamais jusqu'au ciel. Le Métal le sait et sème l'arbuste.

Dans ce contexte de disparition de l'argent liquide (avec son risque totalitaire associé), en l'absence d'une volonté globale d'annulation systémique de la dette, la tonalité énergétique du Métal nous invite à nous protéger et à anticiper, à préparer les esprits et les portefeuilles. Sans aller jusqu'à l'hypothèse mortifère d'un effondrement intégral du système bancaire et d'une banqueroute généralisée, il est rationnel d'envisager dès à présent la nouvelle monnaie et d'en organiser la mise en œuvre pour éviter le chaos qu'une telle situation engendrerait. Il est également vertueux de proposer à des êtres libres, des alternatives d'échange qui leur permettraient de le rester. Complémentaire au système monétaire en place, cette nouvelle monnaie pourrait être le temps et son marché pourrait être le troc, largement utilisé dans l'histoire dans les économies de pénurie (Ex-Union Soviétique, années 40...).

Les modalités de l'économie collaborative du troc

En bon gestionnaire, neutre et animé principalement par la raison, le Métal formulerait les préconisations suivantes, nécessairement simplifiées et à affiner :

  • Il conviendrait d'établir en premier lieu la table des "équivalences de biens" comme on dit en économie c'est à dire à évaluer la valeur d'une coupe de cheveu, de la vidange de sa voiture, du suivi de son expert-comptable etc.
  • Il semblerait que l'unité la plus adaptée pour comparer les produits et les services pourrait être LE TEMPS via l'expérience que l'on a des prestations et des produits. Pour faire simple et concernant les services, le temps serait la nouvelle monnaie et l'heure la devise fondamentale. Par exemple, une coupe de cheveux dure 30 mn et pourrait être valorisée à 0.5 heure, une vidange à 2 heures. Il faudrait donc 4 coupes de cheveux pour obtenir la vidange de son véhicule. Par souci de simplicité et d'acceptabilité sociale, il est important de noter ici l'équivalence absolue des compétences entre les métiers : le temps d'un expert-comptable, d'un coiffeur ou d'un garagiste est valorisé sur la seule et irréductible unité-étalon du temps.
  • On pourra appeler cette monnaie étalon, cette unité d'échange le "Barter", le "Sablier" ou le "Hora" qui signifie "heure" en latin. A partir de 1000 horas, on parlerait de K-Horas, proches phonétiquement des K-euros.
  • Dans la réalité, on pourrait imaginer des services plus chers selon la qualité de l'expertise ou la rareté de la compétence. La coupe d'un excellent coiffeur pourrait être valorisée à 3 heures par exemple au lieu du 0.5 Hora de la coupe de base. Si on devait retenir 3 niveaux de tarifs entre des compétences Base, Plus et Expert, le tableau d'équivalence pourrait ainsi prendre la forme suivante :
  • Concernant les produits, en procédant de la même manière, il s'agirait d'introduire le coût et la rareté des composants ainsi que le process de fabrication (durée, complexité) sans oublier la main d’œuvre qui a permis de le fabriquer. Le plus simple à court terme consisterait à valoriser le produit sur la base du tarif actuel hors-taxes, en le rapprochant du tarif en Horas. La valeur de l'Hora pourrait être approchée de la manière suivante : le salaire moyen en France en 2020 est de 2238 € nets selon l'INSEE et le temps mensuel moyen travaillé est de 134 heures. De fait, la valeur de l'Hora pourrait être de 16.7 € nets (2238/134). Ce calcul sera naturellement à affiner par les experts en introduisant des jeux de contraintes supplémentaires (fiscalité, secteur d'activité, régions...). Ainsi un véhicule à 20 000 € hors-taxes couterait 1197 horas dans la nouvelle unité monétaire. Le même raisonnement pourrait être appliqué pour les transactions inter-entreprises (BtoB) en s'inspirant notamment du retour d'expérience de France Barter et de l'International Reciprocal Trade Association (IRTA), qui estimait en 2008 cette économie collaborative à plus de 400 000 entreprises actives et à 10 milliards de dollars au niveau mondial.
  • Un peu comme dans le film "Time Out", chaque personne salariée pourrait être payé en "horas" à la hauteur de l'indice évoqué. De leur côté, les indépendants pourraient tarifer leurs prestations en Horas, à la hauteur du temps consacré à leur mission et à la nature de leur expertise. Quant aux personnes actuellement non reconnues par le système marchand et pourtant actives (femmes au foyer, internautes mettant gratuitement du contenu sur les réseaux sociaux...), elles pourraient de la même manière se faire reconnaître en horas et se faire rémunérer par les Fournisseurs d'accès à internet (FAI) ou les grands opérateurs des réseaux sociaux. Une large partie de la population pourrait ainsi avoir accès à une forme accrue de légitimité sociale et économique.
  • Une bourse de proximité devrait être créée à l'aide d'une plateforme numérique sur le modèle du site "France-troc.com" ou de l'une de celles qui sont référencées sur le site http://lecomptoirdutroc.fr. Sur la base des transactions réalisées, le cours des services pourrait varier en temps réel selon l'évolution de l'offre et de la demande, de la rareté ou au contraire de l'abondance d'un service. Une barre de recherche permettrait de trouver facilement son bien et sa zone de chalandise. Un système d'évaluation du troqueur (Scoring) pourrait être mis en place pour évincer (provisoirement sans doute) les escrocs et les charlatans. Chacun aurait la possibilité de proposer ses offres et le prix en horas qu'il propose (sur la base de la table d'équivalence) et entamer des négociations le cas échéant. Dans un modèle plus complexe, des enchères inversées pourraient être organisées. Dans le cas des biens matériels, les conditions d'annulation de la transaction devront être explicitement posées (droit de changer d'avis pendant 7 jours, assurance en cas de dommage...). Les échanges complexes pourront être sécurisés par la blockchain et une solide chaine de cryptage (pour rappel, à plus de 33 500 €, le Bitcoin a atteint une valeur record le 10 janvier 2021). 
  • Cette idée de plateforme d'échange en ligne de produits, de services et de temps est à suggérer dès à présent aux plateformes existantes ou reste à créer par un start-uper courageux et innovant. Certains investisseurs (private equity...) et autres Busines-angels devraient s'emparer du sujet sans délai. Nul doute que le premier qui partira dans l'aventure bénéficiera de ce que l'on appelle "la prime du nouvel entrant".

Quel que soit le pays, la promotion d'une telle économie collaborative sera freinée par les pouvoirs publics qui verront dans le dispositif un assèchement des recettes et un évitement fiscal particulièrement redoutable, pratiqué pourtant depuis l'origine des temps (Des traces de Cauris-monnaie ont été trouvées en Chine il y a plus de 3000 ans ainsi que dans l’Égypte ancienne). Ils tenteront probablement de récupérer le manque à gagner par la création d'une nouvelle taxe, à l'image de ce qu'ils ont pratiqué avec AirB&B.

Pour conclure...

On le comprend ici, la mise en place d'une telle plateforme d'échange et l'abandon progressif de la monnaie numéraire visent à renforcer la résilience d'une économie dont les fondamentaux ne tiendraient plus ou seraient grandement fragilisés. Ces recours cherchent à éviter le chaos potentiel lié à l'effondrement de l'économie qui fonde la plupart des interactions sociales, culturelles et institutionnelles de notre société. Ontologiquement parlant, cette société du troc et du temps retrouvé permettrait de redonner à chacun sa chance de commercer et d'exister, recréerait du lien entre les hommes et renforcerait la liberté d'action du plus grand nombre. Assez vite, le marché ainsi créé et le système de notation mis en place permettraient d'éliminer les non-experts et de trouver un nouvel équilibre. Comme on dit en économie, la "main invisible" du marché ferait son œuvre. Même si l'humain saura distordre l'intention par son action et par certaines tentatives de régulation, de récupération voire de sabotage (piratage informatique...), il nous reviendrait à tout moment de s'assurer que le dispositif mis en place respecte les 18 principes taoïstes que l'on pourrait formuler ici de la manière suivante : Le système semble-t-il une évidence pour le plus grand nombre ? Est-il adaptable ? Fluide ? Permet-il d'exclure l'émergence de chefs ou d'autorité (responsabilité diluée) ? Contribue-t-il à créer un saut de civilisation et de conscience ? La nature est-elle inclue dans le dispositif, est-il respectueux de l'environnement et de la vie ? Le système est-il durable ? Frugal en ressources ? Les excès du système sont-ils facilement corrigibles ? Est-il simple et facile à utiliser ? Transparent ? Permet-il davantage de liberté ? Contribue-t-il à apaiser la société ? Contribue-t-il à faire exister ses acteurs, à épanouir les humains ? Est-il juste ? Le système favorise-t-il la confiance et/ou la bienveillance ? Favorise-t-il l'émergence d'une forme de beauté ? De joie personnelle et collective ? Enfin, un tel dispositif est-il réaliste ?

 

Une fois posée, l'économie du troc amène quantité de questions et le diable s'empressera de récupérer les détails. Ce faisant, les grands principes posés, l'important consiste à démarrer et à se laisser enseigner par l'action et par le présent. L'économie collaborative repose sur l'action et l'engagement et non pas sur la spéculation, fusse-t-elle mentale. Comme on le dira peut-être dans le futur, "Un tien vaut mieux que deux tu l'Horas".

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