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La symbolique des nombres dans la Chine traditionnelle

Élisabeth Rochat de la Vallée à publié en 2006 un ouvrage de référence à propos de la symbolique des nombres dans la Chine traditionnelle. Ce livre explique de manière limpide, la signification à accorder aux nombres dans les textes classiques mais également dans les formes de Qi Gong traditionnel. Un must read.

"Réussir une chose suppose d'être corrélé aux Nombres. C'est pourquoi la Voie, les nombres et le temps doivent s'accorder". GuiGuZi (Maître taoïste, IVe s. av. JC)

Si de nombreux pratiquants de Qi Gong pratiquent les 8 brocarts, les 12 pièces de soie, tournent les paumes 36 fois ou 49 fois autour du DanTian inférieur, si de nombreux curieux de la Chine traditionnelle ont entendu parler des 9 Palais célestes ou des 28 constellations, peu en revanche sont à même d'interpréter la signification profonde et explicative du choix du nombre. Pourquoi 81 passages du Tao Te King plutôt que 82 ? Pourquoi 5 éléments plutôt que 6 ou 7 ? S'appuyant sur les travaux d'E. Rochat de la Vallée, cet article cherche à vous donner quelques clés permettant d'approfondir la compréhension des textes classiques mais également de renforcer la conscience de la pratique des formes de Qi Gong traditionnel taoïste.

Généralités sur les nombres dans la Chine traditionnelle

Les nombres démarrent à partir du 1 et la pratique des nombres s’appelle Shu Shu. L’idéogramme (Shu) pour « Nombre » porte logiquement le sens de compter, de calculer mais également de « Loi naturelle ». En effet, à côté de l’usage classique de la mesure, les nombres ponctuent et précisent les mouvements de la vie, savoir comment la vie procède. Ils cherchent à exprimer de manière épurée les étapes du développement de la vie, ils sont le reflet et l'expression de l’ordre naturel. À ce titre ils peuvent être utilisé dans un cadre oraculaire et de divination.

Il n’y a cependant pas d’homogénéité absolue pour le sens symbolique du nombre et leur interprétation dépend de l’école, de sa sensibilité, du contexte.

Liés à une vision cosmique, le nombre est lié à une réalité, utilisable de manière concrète dans la pratique et dans le réel (Qi Gong, médecine, construction…).

La signification nombre par nombre

Le UN : Tout commence par le 1. Avant il y avait le chaos, l’indéfini, tout est là mais rien n’est manifesté. C’est la potentialité de tous les souffles. Les Chinois antiques n’avaient pas le 0 qui n’est apparu en Inde qu’au 6è siècle ap. JC. Ils mettaient le 0 dans le 1, lorsque tout était ensemble. Le 1 tenait dans les faits la place du 0 car il contient potentiellement tous les nombres et pas seulement le premier. Un n’est pas simplement le premier des nombres, il est l’origine même des nombres et il les contient tous. L’un est aussi l’origine des êtres. Les nombres, dans leur suite et leur combinaison, exprime la potentialité contenue dans l’un, sans forme, en donnant les spécificités des étapes du développement de la vie. Ce qui est avant le deux ne connaît pas la différence, la distinction, la séparation. L’un est sans qualité car il les possède toutes. Il est la totalité, l’unité où rien n’est encore distinguable, où tout est uni et indifférencié, le Un ne fait encore rien apparaître. Il n’y a rien, rien de perceptible, rien qu’on ne puisse nommer, saisir par les sens ou appréhender par l’intellect. Le grand Un, l’unité absolue, Taï Yi, est ce qu’il y avait avant la distinction du Ciel et de la Terre. En Un, toutes les potentialités. L’Un est l’origine de chaque être et sa relation constante avec le mystère vivant. Il n’est pas manifesté en lui-même, mais la source de toutes les manifestations. Sa présence donne à chacun son sens fondamental, sa raison d’être. Comme le déclare Tchouang Tseu : « L’unité de l’homme authentique le fait compagnon du ciel. Que le céleste et l’humain ne s’oppose pas, c’est cela qui fait l’homme authentique ».

L’Un par définition, échappe au discours. Se faire Un, c’est se concentrer et être tout entier sur quelque chose, mais cela peut détourner de la vraie unité qui consiste à tout rassembler (Trouver le sens de son mandat céleste pour mieux devenir infini).

Parce qu’elle est naturellement sans couleur, sans odeur, sans saveur et sans forme, l’eau est souvent assimilée à l’Un. Le cœur de l’homme s’en inspire. Il ne laisse pas les désirs troubler sa nature, comme les odeurs et les couleurs souillent l’eau. Le Un recherche le vide, la potentialité d’être présent à tout ce qui se présente, sans préjugés, sans rien exclure. Seul le non-agir permet d’obtenir l’unité. Si l’Un est ce qui sous-tend l’ordre naturel, celui qui agit en se situant réellement dans le Un est dans l’agir non-agissant.

Le Un permet de faire apparaître le deux qui est la division à l’intérieur de l’un.

Deux et le nombre de la division, faisant apparaître le couple, une différenciation qui organise. Il représente l’ouverture de l’unité permettant la relation et l’échange grâce à la distinction. Mouvement et repos alternent et créent le rythme, c’est le Yin/Yang qui va permettre l’apparition du Ciel par élévation et diffusion, puis de la Terre par tassement et condensation. Ciel et Terre sont les réalités opposées et complémentaires qui forment le cosmos. Mais cette distinction ne divise pas l’Un, elle est la condition nécessaire à sa révélation ; Ciel et Terre sont la condition de l’apparition des échanges. Ils ne peuvent échanger leurs souffles que parce qu’ils se distinguent. Mais l’un ne peut exister sans l’autre. Deux est un partage nécessaire qui permet l’alternance les cycles dans le temps et l’espace. Le couple n’est pas l’Un, car chaque membre a son identité et qualités propres. Par son union en revanche le couple retrouve l’Un. A l’image d’un couple, le Deux est mauvais quand il s’oppose au Un, quand il divise en rompant l’unité. Le Deux est donc un partage au sein de l’unité et non pas une session qui rompt ou nie l’unité. Qui nie le Un court vers à la destruction. Il y a une interdépendance absolue des membres d’un couple, ce qui n’empêche pas la hiérarchie à l’intérieur de cette interdépendance puisque la Terre dépend des lois du Ciel.

Le Deux, nombre pair, appartient à la Terre alors que les nombres impairs appartiennent au Ciel.

On peut vivre dans le multiple en gardant sa constance, son rapport à l’Un, c’est-à-dire la fidélité à soi-même, à ce que l’on est authentiquement, sa nature véritable. Celui qui n’est pas double est inébranlable. Il n’a pas de doute ni d’hésitation. Celui qui enracine sa conduite, sa vertu, dans le Un à une puissance efficace donc ne peuvent approcher ceux qui se fondent sur le Deux.

Le Deux est associé à l'énergie du Feu, il est le symbole du Cœur et de la production de la vie. C’est de son union que va apparaitre le Trois.

Trois est la manifestation du Un et Deux est la condition préalable de son existence. Trois n’est pas plus 3 × 1 que Deux n’est 2 × 1 car si l’Un est l’unité et la totalité, il contient tout et ne peut pas être scindé ou découpé. Trois est le fruit du couple recréant l’unité du couple, manifestant son unité mais en tenant compte des multiples possibilités. Trois, symbole du multiple, est aussi l’expression de l’unité du couple. Trois est l’expression de l’Un, manifesté dans le multiple. Le Un amène au Trois, comme le Trois permet de concevoir l’Un et d’y faire retour. C’est la représentation du Un sous les 3 aspects des 3 mondes (Ciel-Homme-Terre) car le Un est inconnaissable ou à tout le moins invisible. Les 3 Un : puisqu’on ne peut pas représenter le Un alors on représente le Trois, représentatif du 1 sur le plan manifesté. L’intervalle (Trois) entre le Ciel et la Terre (le Deux) est le résultat de leur distinction, mais aussi le lieu de leurs échanges. Leur mélange est la manifestation des souffles. Trois est donc le nombre par excellence des souffles. Le Trois est la somme du Yang un et du Yin mais également de leur conjonction. On a par le Trois, l’instauration d’un ordre cosmique entre ce qui est en haut (Ciel) ce qui est en bas (Terre) et ce qui est au milieu, le médian. Le plus accompli des souffles médians s’appelle l’Homme. L’Homme n’est toutefois pas une puissance comme le sont le Ciel et la Terre. L’homme est toutefois le meilleur des souffles échangés entre le Ciel et la Terre, l’harmonie du Ciel-Terre. Il peut à ce titre être considéré comme l’Un du Ciel Terre. Les Trois est associé à l’énergie du Bois.

Le Quatre porte l’image de ce qui se divise. C’est le prototype de toutes les distinctions, tous les moments du temps et tous les secteurs de l’espace. Par la symbolique du nombre Quatre, les souffles expriment leurs différences. Autant le Trois est la manifestation de tous les possibles, autant le Quatre cherche à mettre de la distinction entre les souffles pour faire apparaître les 4 saisons ou les 4 orientations spatiales que porte la Terre. Quatre ne se base cependant pas encore une forme, mais plutôt le prototype des formes. Le printemps par exemple s’exprime de diverses manières selon l’endroit où il se déploie, selon les années ou le stade d’avancement de la saison. C’est toutefois un souffle assez déterminé pour qu’on puisse appeler printemps toutes ces manifestations. Ce qui est menée par Quatre sont des modèles, des symboles.

L’idéogramme Quatre se prononce presque comme la mort et la population pense à ce titre qu’il porte malheur. Il n’y a pas de rangée 4 dans les avions ou les hôtels et s’assimile à ce titre au 13 occidental. Son énergie est associée à celle du Métal.

L’idéogramme originel de Cinq est un X, un croisement, le croisement de tous les souffles entre le Ciel et la Terre. Cinq réunit par un centre les souffles distincts. De même que Trois est le mélange des deux composants du couple, Cinq est l’assemblage des souffles différenciés en Quatre. Cinq fait apparaître un centre alors que Trois faisait apparaître un médian. Ce centre accueille et recueille tous les souffles et devient leur principe d’organisation. Cinq est le nombre de l’organisation centrée de la vie, la répartition et les relations harmonieuses des Cinq mouvements des souffles qui composent chaque vivant et chaque phénomène. Le centre du Cinq permet de réunir et d’harmoniser la qualité des Quatre souffles. Cinq travaille avec tous les éléments mais avec aucun de manière particulière .Cinq est ainsi le nombre de l’harmonie absolue : harmoniser les moments du temps, les saisons, les organes, les phénomènes atmosphériques, etc. Les souffles différenciés du Quatre se rencontrent et font apparaître un centre vers lequel tout converge et duquel tout émane. Entre la réception et la distribution se placent toutes les transformations et mutations possibles. Cinq représente donc la constitution d’un centre organisateur à partir de quoi s’effectue la mise en mouvement des différentes modalités du souffle agissant sur Terre, identifiés comme les Cinq éléments.

Les nombres de Un à Cinq sont des nombres de production, qui donnent vie, alors que les nombres de Cinq à Neuf sont des nombres d’achèvement, qui forment et constituent les êtres.

Cinq exprime la totalité en en montrant les différentes facettes et en portant son organisation interne mais sans rompre l’unité intrinsèque. Cinq sert à classifier, à l’intérieur de la totalité unifiée. Chaque élément sert à indiquer l’agencement du monde. Tout peut et doit être organisée par Cinq. Couvrant la totalité, le Cinq est la quintuple manifestation de l’Un. Il est en lien et le symbole de l’énergie de la Terre.

Six sert pour la mise en œuvre de l’organisation initiée à Cinq. C’est le nombre par excellence de ce qui administre par répartition. Six représente la jonction des Quatre directions avec le haut et le bas pour organiser la dynamique des échanges entre le ciel et la Terre et former ainsi le monde où se développe la vie. Six et le prototype des relations et des voies qui entretiennent la vie, un espace de vie délimité, où les frontières s’établissent naturellement. C’est ce qui soutient, maintient, entretient, c’est le lieu de toute activité. Les Six relations maintiennent la cohésion familiale.

Six sert de préfixe désignant des divisions des services du gouvernement ou de l’administration, en particulier sur le modèle des Six ministères. Il est fréquemment multiplié pour produire 12 ou 36.

Sept fait dominer le Yang avec son idéogramme horizontal. Il symbolise l’apparition concrète de la puissance de vie, l’élan vital, avec ses excès et ses dangers. Tout ce surgissement contient son dérèglement potentiel et il est indispensable de maîtriser la force qui demande à sortir de façon qu’elle ne devienne pas violence incontrôlée, à l’image d’un tuyau qui aurait trop de pression. C’est la représentation de l’élan, du jaillissement et il est naturellement associé au printemps, à la vésicule biliaire, à l’élément bois.

Sept est la somme de Cinq et de Deux, des Cinq planètes, du soleil et de la lune. Il est également la somme du Ciel, de la Terre, de l’Homme et des Quatre saisons. A l’image des Sept étoiles de la Grande Ourse, Sept exprime la régulation des mouvements des souffles, l’équilibre des montées et des descentes ainsi que la justesse des impulsions données à ses mouvements. Quand l’homme ne peut pas se réguler et laisse se débaucher ses 7 orifices, il est dévoré par 7 passions (les 7 émotions, les 7 Pô).

Le Sept est le début du Yang (ShaoYang), le commencement de la poussée. C’est un premier accomplissement dans l’ordre naturel et social mais toujours l’expression d’un désordre potentiel, surtout dans le monde des hommes qui ne maîtrisent pas leurs forces vitales et laissent les passions et la corporalité (les Po) dominer la lumière des esprits, qui devraient pourtant éclairer la conduite pour l’insérer dans l’ordre naturel des choses (Les Hun).

Huit désigne et symbolise la division la séparation, la répartition, la divisibilité. Huit c’est 2 × 4, le nombre de la différenciation et des distributions distinctes des souffles. Plus précis que Quatre, les Quatre saisons deviennent les 8 directions de la rose des vents, les Huit trigrammes. Huit sépare et distingue les souffles, il les déploie et fixe une limite à leur expansion. C’est la répartition et l’organisation de la formidable énergie apparue en Sept. Il répartit les règles, les forces vitales. Huit peut être compris comme Cinq (éléments) plus Trois (Ciel-Terre-Homme). Les Huit merveilleux vaisseaux mettent en place les grandes règles de la vitalité qui sera gérée par 12 méridiens. Huit et le nombre de l’administration bien répartie, des règlements régissant la conduite des fonctionnaires (8 lois, 8 trigrammes, 8 immortels…).

Le Neuf s’affirme comme un achèvement complet, une finition, l’achèvement du Un. La graphie du Neuf s’oppose à celle du Sept quand il est compris comme la sortie de terre de la jeune pousse. Neuf se présente comme l’épuisement des nombres. Neuf est l’arrivée à complétude ; tout a été déployé organisé, achevé. C’est la plus grande expression du Yang mais en même temps l’épuisement, le vieillissement.

Si le Neuf n’est pas spécifiquement le retour à l’Un, il l’annonce, il en est l’ultime développement. L’Un communique avec les Neuf cieux, en bas il relie les Neuf étendues terrestres. Neuf est l’aboutissement de la série des nombres qui permettent de structurer et de comprendre l’univers. Neuf est la totalité accomplie. Tout est exprimé collecté, assemblé. Rien ne manque mais il n’y a plus rien en réserve ou en potentialité, un Yang parvenu à son plus haut point, qui ne peut plus croitre comme Yang. Il ne peut se poursuivre que par un renversement, son avenir est le retour au Yin.

Neuf marque également l’accomplissement intégral, incluant le surgissement de la lumière et le retour à l’indifférencié. Les nombres sont arrivés au bout de ce qu’il contenait. Ils expriment en Neuf la totalité et la longévité du cosmos, jusqu’à son terme.

Pour l’ensemble de ces raisons, le Neuf s’emploie également pour un grand nombre de choses formant un tout complet. Il peut donc aussi signifier « réunir », « assembler ». Il peut également prendre le sens de « vieux », de « rassemblement » ou de « carrefour ».

Neuf est également une organisation finale et totale, une totalité organisée. C’est l’ultime organisation (9 classes de fonctionnaires…) : inférieur, moyen, supérieur…

Dans ses combinaisons, Neuf peut être entendu comme 5+4 : Cinq pour l’organisation centrale et Quatre pour les formes dans lesquelles s’exprime la vie. Quatre construit la forme tandis que Cinq organise et commande cette forme. 6+3 : Six maintient la vie et Trois l’anime fondamentalement. 8 + 1 de son côté s’affirme comme le nombre du déploiement organisé et centré des souffles.

Mais Neuf est avant tout 3 × 3, c’est-à-dire le nombre de souffles à la puissance des souffles eux-mêmes, leur totalité et leur répartition. Neuf représente donc l’ensemble de ce qui existe quand tout a été ordonné et distingué. Neuf organise autour d’un centre toutes les variations des souffles échangés entre le Ciel et la Terre. Neuf se figure comme l’organisation et le rassemblement autour d’un centre de ce qui est réparti par Huit dans tous les secteurs de l’espace et du temps et qui aboutissent au carré magique ou au carré de LuoShu.

Les Neuf cieux représentent la totalité du monde céleste des sphères supérieures. On passe par Neuf transmutations pour élaborer l’élixir d’immortalité dans les pratiques taoïste. Confucius a identifié Neuf préoccupations d’usage. Neuf vertus contribuent à rendre la conduite parfaite.

Les nombres pairs (2, 4, 6, 8) construisent et reconstruisent l’espace et le temps, qualifient les territoires et les moments, les séparant, les distinguant selon la dualité, diversité, multiplicité et formalisation propres à la Terre. Animation et initiation céleste, les nombres impairs (1, 3, 5, 7, 9) centrent et recentrent, dans l’unité chaque fois retrouvée mais à des niveaux chaque fois différents.

Dix et le nombre qui exprime la complétude. Son idéogramme totalise le vertical et l’horizontal en un croisement, qui est intégration et fusion. Tout est exprimé dans le Dix, tout est présent mais le détail s’efface au profit de l’unité. Dix est formé par les Huit points de la rose des vents plus le haut et le bas. Il est la totalité de ce qui vient du Ciel et la totalité de ce qui est reçu et qui s’étend sur Terre. Il est aussi le nombre de l’Homme exprimant l’unité de la vie cosmique. Il représente l’achèvement parfait ainsi que l’unité du Ciel-Terre.

Il est aussi le soleil, le principe animateur des êtres qui, du ciel, procure la chaleur et la lumière nécessaires à la vie sur Terre. En Dix, ce qui était analysé comme différent à Neuf se retrouve dans l’unité vitale (la croix du sinogramme). En Dix, on connaît ce qui était contenu dans le Un, un peu à l’image d’un livre que l’on vient de parcourir. Comme l’Un, le Dix contient tous les autres nombres simples mais entre le Un et le 10, ils ont tous été énumérés. Leur succession a structuré et rempli la vie. Dix ramène à l’unité toutes les variations achevées à Neuf. 10 est perfection et complétude. A titre d’illustration, l’homme est achevé est prêt à naître au 10e mois de gestation. L’Homme possède Trois Hun + 7 Po. 10 est le nombre symbolique de l’Homme (avec le Trois).

Les autres nombres :

Onze marque ce qui est un peu étrange, différent, ce qui n’entre pas dans la catégorisation habituelle du Yin/Yang. Il montre la diversité à l’intérieur de l’unité, ce qui n’est pas habituel mais fait partie du fonctionnement de l’ensemble et pourtant intégré dans le réel.

Douze est la mise en acte régulier et détaillé des échanges de souffles qui se manifestaient à Six.

3*4 est un système de règles qui dirige parfaitement et efficacement les mouvements. Un système de règles qui dirige parfaitement et efficacement les mouvements, les circulations, les échanges (12 mois, 12 plats, 12 pièces de soie). 9*12 (108) est le produit de l’organisation totale de la vie par les règles qui président son administration. On associe 2 totalités, celle de la vie pour le 9 et celle de l‘organisation pour le 12 (Exemple : nombre des cloches dans les monastères bouddhistes).

Treize représente les dangers inhérents à la mise en œuvre de l’activité, d’une façon un peu semblable à ce que l’on trouve pour le Sept. Treize est lié à la vie et à la mort.

Vingt-quatre : 12 × 2 est l’extension de la régulation dans un détail plus fin.

Vingt-sept : en tant que 3 × 9, 27 et le produit de nombres indiquant une puissante et totale vitalité de souffles.

Vingt-Huit : C’est surtout 4 × 7. C’est le 7 dans les 4 directions (28 constellations par exemple).

Trente-Six : c’est le carré de Six. Il peut servir comme tous les carrés à exprimer une totalité. C’est aussi 9 × 4 c’est-à-dire l’organisation sur Terre. 36 est aussi le 10e de 360, donc le 10e de la totalité des jours de l’année et donc capable de représenter cette totalité même (36 provinces, 36 moyens militaires, 36 cieux taoïstes…). 36 peut aussi être 12 × 3.

Quarante-Neuf est le carré de Sept.

Soixante-Quatre est le carré de Huit.

Soixante-Douze est le doublement de 36. Il s’emploie avec une valeur symbolique analogue. Il y a souvent quelque chose de plus définitif de plus complet en 72 qu’en 36.

Quatre-vingt et Un : le nombre de souffles (3) élevé à la puissance donne Neuf, qui, élevé lui-même à la puissance, donne 81. C’est une totalité de connaissance organisée qui est énoncée pour couvrir tous les aspects d’un enseignement fondamental, tout ce qu’il est possible de connaître dans un domaine particulier (81 chapitres du Tao Te King).

Cent indique symboliquement un ensemble important, constitué d’éléments en grand nombre mais encore dénombrable. Quand on emploie Cent, on englobe tous les éléments appartenant à une même catégorie, sans exception.

Mille c’est beaucoup, c’est le nombre des grandes quantités, non illimitées mais considérables et dont les éléments ne sont pas distinguables, mesurables ou comptables. C’est très loin (1000 lis) mais on peut cependant encore parcourir la distance.

Dix mille c’est innombrable, extrêmement nombreux, infini. 10 000 implique quelque chose d’universel, qui vaut pour tout et partout.

Bibliographie :

  • Élisabeth Rochat de la Vallée : "La symbolique des nombres dans la Chine traditionnelle", Ed. Desclée de Brower, 2006
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