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L'amour dans le taoïsme

L'amour est globalement peu présent dans les textes taoïstes et les sinologues semblent soigneusement éviter le terme, lui préférant la "bonté" ou le "bien". Cet article s'emploie à en identifier la cause et à préciser, avec toute la subjectivité que requiert l'exercice, la place et la définition que le corpus taoïste pourraient lui attribuer.

· Concepts taoïstes

"J’ai trois trésors que je détiens et auxquels je m’attache : le premier est amour, le deuxième est frugalité, le troisième est humilité (…). Qui se bat par amour triomphe. Qui se défend par amour tient ferme. Le Ciel le secourt et le protège avec amour". Tao Te King, 67

Les textes et les auteurs taoïstes parlent peu d’amour

En dépit de la citation que l’on vient d’inscrire sur le fronton de cet article, le constat est sévère mais bien réel : les auteurs qui traduisent ou interprètent le taoïsme parlent peu d'amour ; les textes alchimiques classiques eux-mêmes n’y font quasiment pas allusion. Ils nous parlent de respiration embryonnaire, de raffinement des trois foyers énergétiques et de canalisation de l’axe du TaïJi, de vide et de WuJi, de non-agir et d’efficacité parcimonieuse. Mais où est l’amour, la pulsation de l’Univers, dans ce travail de transformation alchimique ? On parle de nourrir le vivre (« Yang Sheng ») afin de vivre longtemps et en bonne santé, on évoque toute l’importance de tenter de rejoindre l’origine et l’Unité suprême (TaïYi) mais quelle est la place de l’amour dans tout cela ?

Un jour d’abattement particulier à propos de la pratique taoïste du Qi Gong, je confesse avoir écrit ce passage un peu radical : « J’ai vu des pratiquants de Qi Gong travailler le Qi mais mettre cette puissance nouvelle au service exclusif d’eux-mêmes. J’ai connu des enseignants de Qi Gong qui pratiquaient la voie du souffle et de l’énergie, au service d’intérêts particuliers mais sans bienveillance visible ou ressentie. Meurtris par leurs blessures d’enfance, ils nourrissaient leur vie mais ne nourrissaient pas le VIVRE, vision étroite et égocentrée du Yang Sheng. Que leur a donc appris la Voie, cet art de la paix comme aurait pu dire Maitre Morihei Ueshiba, le fondateur de l’Aïkido ? La bonté en tant que telle n’est souvent pas un objectif poursuivi par le pratiquant de Qi Gong. Celui-ci peut pratiquer tous les jours ce trésor de l’humanité et en apprécier les bienfaits, devenir un excellent « technicien de Qi Gong » sans jamais se poser la question de la contribution de cet art à son évolution intérieure, elle-même à l’origine de l’évolution extérieure de son plan de réalité. Ces hommes et ces femmes ont amélioré leur santé et la qualité de leur sommeil. Fort bien. Leur vitalité s’est démultiplié, parfait. Mais où est le sens véritable de tout cela ? Une meilleure santé, certes mais pour quoi faire ? Vivre plus longtemps certes mais dans quel but ? Une meilleure gestion de ses émotions soit mais pour quelle contribution aux autres et à l’installation de l’harmonie du monde ? Le chercheur-pratiquant s’est arrêté en chemin et attend sur son caillou, dans sa plastique et son homéostasie parfaites. Le musicien triste ne joue que pour lui-même. Le penseur de Rodin s’est figé dans sa glaise ».

Les grands traités de Huainan Zi ne partagent-ils pas le même constat lorsqu’il déclarent :

« Quant aux prétendus ébats des Hommes authentiques : Respirations normales, respirations profondes, Rejet des souffles viciés, inhalation de souffles frais, Balancement à la manière des ours, Extensions à la manière des oiseaux, Ablutions à la manière des canards sauvages, Marche fléchie à la manière des gibbons, Œil fixe à la manière des chouettes, Regard soutenu à la manière des tigres, C’est la pratique de ceux qui ne s’occupent que du corps » ?

Lorsque les textes y font incidemment référence, les sinologues préfèrent traduire l'idéogramme par quelque euphémisme comme "Bonté", "Bien", "Générosité", "Affection" ou "Mansuétude". Ils n'osent pas le mot pour éviter les malentendus d'un terme, il est vrai polysémique, vague et quelque peu « valise ».

Cette réalité sémantique peut expliquer que le taoïsme soit parfois assimilé à une voie rabougrie et égoïste, proche du petit véhicule bouddhiste, centré sur l'éveil de sa petite personne en dialogue direct avec l'univers. MOI et les petites étoiles.

De quel amour parle le taoïsme ?

Sans trop m’appesantir sur la définition à donner à ce terme imprécis de l’amour (à soi, aux autres, au monde, aux choses, aux sensations et expériences...), je me souviens avoir posé cette question il y a quelques années à un maître taoïste qui m’a alors répondu que l’amour ne pouvait pas être enseigné (sous-entendu capté avec la tête) mais qu’il devait être découvert par la pratique (sous-entendu intégré et révélé par la vérité et l’expérience du corps). La réponse ne m’avait que moyennement convaincue à l’époque et me semblait ressembler à une échappatoire. Elle m’apparaît avec le recul, d’une grande sagesse et emprunte d’une grande vérité. L’amour taoïste n’est pas un objectif mais une conséquence, il est pas un acte volitif ("je veux aimer", "je veux être aimé"...) mais un état, il n’est pas un savoir mais une connaissance, il n’est pas un concept mais une expérience. Il ne se transmet par pas les mots mais par l’énergie et par l’exemple, il ne s’observe pas, il est observé.

Si l’on reprend les textes, on pourrait déclarer que lamour taoïste est l'amour que pourrait éprouver l'eau. L’homme d’une vertu supérieure est comme l’eau. L’eau excelle à faire le bien aux êtres et ne lutte point. LaoZi (Tao Te King, 8). L'amour dont il est question est un amour universel qui, sans intention particulière, fait du bien à tous, sans exception. Il ne cherche pas à s'imposer et n'a d'autre objectif que celui d'exister et de donner, donner pour donner vie... à la vie, pour créer, nourrir et faire exister les 10 000 êtres, pour contribuer à la création. Il est à l’image de ce rayon du soleil qui part d’un centre, s’expanse dans toutes les directions et sert tout ce qu’il atteint pour révéler, créer, manifester... ce qui doit être et nourrir ce qui s’appelle la Vie, autre que la sienne seule. Il est à l’image de cet enfant qui donne son goûter sans intention de retour, simplement pour voir le sourire de l’autre apparaître. Pour faire court, il est avec la lumière le messager de la Conscience.

L’amour taoïste est une émotion et un comportement naturels, de conséquence et non d’intention. Il se constate et se ressent mais ne se recherche pas. Lizi, le 3è penseur taoïste selon la tradition, déclare dans son Traité du Vide parfait (2, 16) : Qui agit bien sans penser au bien sera aimé de tous. Tchouang Tseu en rajoute et affirme que : Qui possède une beauté naturelle ignore sa beauté. Ce sont les autres qui lui servent de miroir. Telle est la manifestation naturelle de la beauté. Le saint qui aime les hommes ignore son amour. Ce sont les autres qui lui donnent ce nom. Si l’on ne lui fait pas remarquer son amour, il ignore qu’il aime les hommes. C’est là la manifestation naturelle de sa sainteté. Faire du bien aux autres hommes et ne pouvoir oublier ses bienfaits, ce n’est pas la générosité du Ciel. Et d'enfoncer le clou en déclarant que Qui accomplit de bonnes actions sans penser à la bonté sera aimé par tous. L’amour est observé mais ne s’observe pas. C’est un sentiment déporté, le nom donné par les autres au fruit de son travail énergétique. D’évidence, l’amour taoïste est un « état vibratoire d’amour » que l’autre constate et ressent sans parler. Le grand Victor Hugo lui-même n’a-t-il pas déclaré qu’« aimer, c’est savoir dire je t’aime sans parler ? ».

C’est ainsi que l’amour taoïste est avant tout une vibration corporelle, le produit d’une incarnation, l'expression du voyage subtil et douloureux des 30 centimètres qui séparent la tête du Cœur, le chemin le plus escarpé de l’aventure humaine. C’est le retour à une origine où l’univers aimait sans les hommes. Le cosmos (et le chaos) a aimé créer les planètes et les étoiles, diffuser leurs rayons. Il a aimé créer jusqu’aux trous noirs et leur absence apparente de lumière. Amour de la Création et création de l’amour se confondent. L’amour taoïste est un amour de totalité et non exclusif, partagé par une origine commune, l'amour taoïste est un centre en expansion. Forgés par les mêmes atomes originels et répondant aux mêmes lois cosmiques, l’amour taoïste se porte sur un humain comme sur le dernier brin d’herbe venu. L’amour taoïste est la vibration joyeuse et généreuse d’une appartenance à un même univers, à une même famille vibratoire et énergétique que l’on appelle la vie. Mais l’Homme s’interroge et se demande si sa conscience ne le rend pas supérieur aux autres espèces. Le taoïste l’invite alors à se référer à la Grande Conscience de l’Univers qui transcende la « petite conscience » humaine. A pratiquer la Voie et l’art subtil de l’énergie, le taoïste ressent énergétiquement que la conscience vibre dans le moindre caillou et qu’il fait partie de cette vibration intriquée du monde et qui s’abstrait de toute hiérarchie mentale. Partie prenante et consciente, les taoïstes vibrent à l’unisson du monde, à l’uni-son, à l’uni-sont.

Par sa pratique énergétique et voie de la conséquence, le taoïste comprend que l’amour ne doit pas être le résultat d'un travail mental et sudatif mais le fruit détaché de sa pratique énergétique. Critiquant la focalisation obsessionnelle et réflexive des Confucianistes, Tchouang Tseu déclare que : La piété filiale, le respect envers les âmes, la bonté, la justice, la fidélité, la bonne foi, la droiture et l’intégrité ne font qu’amener l’homme à oublier la vertu originelle. Ainsi la bonté et la justice troublent l’esprit. Si vous voulez que le monde conserve sa simplicité première, agissez comme souffle le vent et selon la vertu originelle. Plus loin, il affirme qu’ En pratiquant la bonté et la justice, vous introduirez sous peu l’hypocrisie dans votre conduite. Toute apparence de vertu crée de l’hypocrisie chez les autres. Tout succès provoque l’agression [Car] se faire aimer des hommes n’est pas chose difficile. Montrez de la bienveillance et ils vous approcheront. Comblez-les de vos dons et ils accourront. Flattez-les et ils seront plein de zèle. Les actes bons et justes ne sont généralement qu’hypocrisie et sont mis alors au service de la convoitise et de l’appât. Seul celui qui dépasse la sagesse peut s’en rendre compte.

Tchouang Tseu insiste alors sur l'importance du naturel : L’amour universel comporte des détours, car l’altruisme est une forme de l’égoïsme. Voyez le Ciel et la Terre, qui ont leurs lois constantes. Le soleil et la lune ont leurs lumières propres. Les oiseaux et les quadrupèdes ont leurs troupeaux. Les arbres et les herbes ont leur constitution propre. On doit laisser agir la vertu de chacun et se conformer au Tao. C’est ainsi que l’on atteint à la perfection. Pourquoi sans cesse prôner la bonté et la justice comme quelqu’un qui ferait battre le tambour pour rechercher son fils en fuite ? Vous ne faites ainsi que perturber la nature de l’homme. L’amour taoïste n’est pas un amour de tête destiné à attirer l'attention de l'autre ou contribuer à renforcer son acceptabilité sociale. Il est un amour de corps. Certaines voies confessionnelles pensent que l’amour de tête (la morale, le devoir, la compassion par la mise en œuvre obligée du texte, le rite, le dogme) entrainera l’amour. L’orient de son côté et le travail de l’énergie (Qi Gong) nous enseignent que l’amour du cœur provient principalement d’un amour d’immanence corporelle, du plus profond de nos cellules et de leur histoire, un amour quasiment histologique parce que provenant d’une source elle-même aimante, consciente, totale et absolue.

Tchouang Tseu nous dit également qu’on pourra d’autant mieux rayonner l’amour que l’on aura trouvé notre nature fondamentale, ce pour quoi nous sommes venus nous incarner, notre raison d’être, notre mission de vie, notre mandat céleste (Tian Ming). Trouver sa mission de vie fait partie de la mission. Rechercher sa mission de vie est un acte d’amour adressé à soi-même qui transpire sur ce (et ceux) qui nous entoure. L'humanité ne s'aimera jamais autant que le jour où elle aura compris sa finalité évolutive et découvert sa conscience d'espèce.

Parce que chacun des 10 000 êtres a sa raison d’être, l’amour taoïste ne peut être qu’universel. Cette expérience indicible de l’amour incommensurable de l’univers est celle que rapportent tous les mystiques du monde. Il rassemble également tous les témoignages des expérienceurs de mort imminente ou d’expansion de conscience. A travailler avec l’énergie de l’univers, le pratiquant devient progressivement l'univers et ressent sans le rechercher l'amour universel monter en lui. Il peut éprouver un sentiment diffus et ascendant d’appartenance à la grande famille du vivant, il peut admirer la perfection de ce qui l’entoure, discerner la parfaite séquence des événements, ressentir la pulsation de la nature et de la Création, des humains et des non humains. A l’endroit des hommes, une forme d'indulgence spontanée peut apparaître à constater les écarts entre le comportement naturel des autres espèces et les comportements a-naturels d'une humanité qui s’estime au-dessus de ce qui la constitue, dont elle dépend et d’où elle provient. Comme le déclare très justement Tchouang Tseu, la compréhension de la vie rend magnanime.

L’amour taoïste est ainsi inconditionnel. Il parle de don sans nécessité de contre-don. Le rayon du soleil, la goutte d’eau, le fruit ou la fleur sont offerts à tous, sans distinction ou souhait de contre-don. Le brin d’herbe s’offre à la bouche du ruminant sans choisir la panse. La goutte d’eau EST, le rayon du soleil EST, l’amour EST, le brin d’herbe EST. Le don est désintéressé et inconditionnel. Dans son imprévisible potentialité, l’amour universel permet la création, toutes les créations. Sans amour, il n’y a pas de créations ni de Création. Sans le don du Ciel d’arroser et d’éclairer la plante, la fleur ne pousserait jamais. Dans le jeu de l’amour universel, le contre-don n’est pas nécessaire car le don est déjà un cadeau que l’on fait à la vie et à soi-même puisqu'on en dépend.

Examiné de loin et de manière superficielle, l’amour peut laisser croire que c’est un jeu à 2, distinguant celui qui aime de celui (ou de ce) qui est aimé. Dans les faits, l’amour taoïste est un retour explicite à l’Unité, un rappel de ce point où celui qui aime se sait relié à celui qui est aimé au point de fusionner avec lui. Dans la fusion du sujet et de l’objet, l’Unité est l’expression sublimée, naturelle et véritable de l’amour universel et taoïste. L'interprétation du TaïJiTu peut nous aider à en comprendre l'idée.

L’amour taoïste et la symbolique du TaïJi Tu

Sur le plan symbolique et pour qui sait le voir, l’amour taoïste se tapit dans le TaïJiTu. Humble et « étant », l’amour taoïste se dissimule en creux dans la ligne qui relie le Yin et le Yang, la gauche et la droite, le haut et le bas, l'avant et l'arrière, le passé et le futur.

L’amour taoïste est un lien qui relie tout, une connexion, une ouverture vers l’éternité, un présent qui n’existe que dans l’instant. Derrière la beauté d’un coucher de soleil réside l’amour et le lien : celui du Ciel et de la Terre, du jour et de la nuit, du haut et du bas. Pour qui sait le voir, l’amour universel et la reliance sont partout. Le lombric aère la terre, fait circuler l’eau et facilite l’enracinement des arbres. Le lombric est par essence « aimant » pour qui sait le voir et ne fait que suivre sa « nature céleste » comme l’évoque Tchouag Tseu : « Seul le ver est tout à fait ver parce que lui seul garde sa nature céleste ».

Il est intéressant de poursuivre l’interprétation du TaïJiTu et de représenter l’amour taoïste comme paramètre d’évolution et de sens de la vie. Centre de la roue du Yin/Yang, il est le pivot à la base de la Création et de ce qui meut la vie. Une abeille qui butine une fleur, un fruit qui s’offre à celui qui le mange est un acte d’abondance et d’amour, à commencer par l’amour de la vie, par l’amour de l’amour. A l’image de la vis d’un pressoir, l’amour est cet axe qui permet de rejoindre l’Unité suprême, le Taï Yi, le passage du 2 au 1, à rebours du cycle de la Création, l’énergie de la vie qui meut la spirale du retour à l’origine. On quitte les terres du 2 et de la séparation (moi/l’autre, le corps/l’esprit, le visible/l’invisible, la Terre/le Ciel, le lourd/le subtil, l’humain/le non-humain, la nature/la culture, le présent/passé-futur, l’ici/le là-bas…) pour rejoindre le Un, l’Unité suprême. Ce mouvement est favorisé par l’accès au calme puis au vide, représenté sur le TaïJi Tu par l’intersection du Yin (qui n’est pas encore Yang) et du Yang (qui n’est pas encore Yin).

L’amour, force motrice du retour à l’origine

Pure image spéculative et plaisir de l'esprit, si l’on osait, on séparerait les « poissons » du TaïJi Tu, le symbole de la grande alternance et on distinguerait le Yin du Yang, on ferait pivoter le Yang et on détourerait l’ensemble pour obtenir un cœur.

L'amour taoïste pour le pratiquant de Qi Gong

Pour le pratiquant de Qi Gong traditionnel, ce rapide exposé rappelle l'intérêt de ressentir (et non pas travailler) l’amour en même temps que le Qi et la forme. Cette voie de l’amour absolu est au cœur de plusieurs écoles bouddhistes mais également taoïstes (Zhi Neng, Sheng Zhen…). Elle est également centrale dans l’enseignement de Mantak Chia, imprégné de culture chrétienne. L’attention légère accordée à ce « ressenti amoureux » est d’importance car il peut orienter nos pensées, nos paroles, nos gestes, nos valeurs, nos besoins, nos émotions, faire évoluer nos relations familiales, vicinales, amicales ou professionnelles, nos engagements politiques ou associatifs, nos choix professionnels et personnels. Plus important encore, cette attention douce et détachée peut élever la fréquence vibratoire de nos cellules et faire évoluer notre plan de réalité.

Sur le plan du ressenti, l’amour taoïste pourrait se définir comme « la circulation maximale de l'énergie ». L’amour est un état qui s’observe lorsque le Cœur est calme (vide) et qu’une joie diffuse s’installe. Dans l’état de l’amour (en présence de son conjoint, de ses enfants, de ses amis, devant un coucher de soleil...), plus aucune question n’existe et le mental est éteint. L’amour est un état qui EST. Il est le territoire de l’outre-question ». Toute question du style : mon conjoint m’aime-t-il toujours ? est la manifestation du doute et d’un amour qui s’éloigne.

L’amour dans l’alchimie taoïste

Après l’étape du « Yang Sheng » et de la vitalité du corps (le « 1er étage de la pagode »), l'amour taoïste est le deuxième palier de l'alchimie taoïste, son œuvre au blanc. Cette étape rime également avec la connaissance de soi (et donc de l’univers), avec la pacification de ses émotions et le vide du Cœur.

Deux organes portent plus particulièrement l'attribut de l'amour : le Cœur par l'âme SHEN et le Foie par les trois âmes célestes HUN connectées aux 3 centres énergétiques (San Bao). Un taoïste intéressé par cette étape alchimique pourra travailler de manière spécifique ces 2 organes corporels. La méditation et le recours à la déesse Guan Yin peuvent également aider.

Cette étape alchimique de l'amour vise à déboucher sur la création consciente, à rejoindre la Conscience créative. Recommandation d'importance, passer préalablement par l’étape de l’amour, du calme, de la connnaissance de soi et de l’ouverture à la lumière du Cœur est indispensable pour éviter de donner vie à ses pires démons. Autrement formulé, le travail du DanTian médian précède le travail subtil du DanTian supérieur, du LingShen et des fonctions parapsychiques, "l'ensoleillement de soi" est le préalable au travail de la Création consciente.

Une fois parvenu sur les terres de l’amour et de la Grande Conscience, il sera alors temps de basculer dans le vide du WuJi...

pour mieux le broyer.

D'autres citations de Tchouang Tseu sont ici

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