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Et si le temps n'existait pas ?

Ce voyage intuitif et spéculatif est le fruit d'un échange informel avec deux amis autour d'une pendule. Il renvoie à la relativité du temps et de l’espace et tente de réconcilier au passage, le Ciel antérieur avec le Ciel postérieur.

Imaginez. Vous êtes au fin fond de l’univers et vous regardez une galaxie spiralée tourner dans le sens des aiguilles d’une montre. A l’aide d’une navette spatiale probablement très puissante, vous traversez ladite galaxie pour mieux l'observer de l'autre côté. Vous constateriez alors ébahi, qu’elle tourne… dans l’autre sens ! Plus près de nous, cette même expérience peut être reproduite à l'aide d'une pendule transparente. Un simple déplacement de quelques mètres provoque la rotation horaire des aiguilles en rotation anti-horaire. En d'autres termes et à quelques pas de distance, deux observateurs placés de part et d’autre de la pendule décriraient une réalité, non seulement différente mais opposée.

Ces exemples simples (voire simplistes) nous sensibilisent sur le fait que la forme bouge selon la position où l'on se trouve. Mieux, on découvre que l’objet dépend de la spatialisation du sujet. Dis-moi où tu te trouves et je te dirai quelle est ta réalité spatio-temporelle. On constate qu’un référentiel est relatif, subjectif, une illusion propre au sujet et à sa localisation dans l’espace. Un astrophysicien dirait sans doute tout cela d’une manière plus mathématique et ferait sans doute appel à la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein. On a tous à l’esprit l’expérience du train qui fait percevoir le temps d’une manière différente selon que l’on se situe à bord ou sur le quai.

Plus troublant encore dans le cas de notre spirale, c’est le sens même de celle-ci qui évolue selon l'endroit d'où on l'observe. Ainsi, le sens de rotation de la face A (dextrogyre) est inverse au sens de rotation de la face B (senestrogyre). Les inférences liées à cette observation sont possiblement vertigineuses.

En effet, de manière quelque peu triviale, on observe que tout sens porte en lui son complémentaire puisque la spirale tourne simultanément dans les deux sens. Dans le monde de l'action et du corps (arts martiaux...), on sait depuis longtemps que chaque mouvement induit un mouvement qui lui est complémentaire. Le Yin soutient le Yang, le Yang protège le Yin mais dans le cas du sens, la surprise est d'importance. En allant plus loin, pourquoi chaque sens n’annulerait-il pas son complémentaire ? La galaxie tourne-t-elle finalement encore ?

De la même manière pour le temps, on pourrait logiquement s'interroger et imaginer que le sens linéaire du temps est une convention qui suppose une réalité inverse qui le complète et peut-être l’annule. Cette double rotation simultanée de la spirale peut nous suggérer une certaine abolition du temps lui-même. Ainsi, à chaque espace temporel pourrait correspondre un anti espace-temps, à chaque espace un anti-espace, à chaque temps un anti-temps.

 

Trois chercheurs du Perimeter Institute for Theoretical Physics en Ontario ont rédigé un article en 2019 sur cette question dans la revue Physical Review Letters qui démontrent que la question n’a rien d’absurde. Ils font allusion à une symétrie (notamment du sens du temps) qui « veut que, si l’on remplace toutes les particules par des antiparticules [charge opposée], qu’on renverse l’espace et aussi le temps, les lois de la physique demeurent inchangées ».

On entre ainsi dans un univers de relativité absolue où le sens et le temps renvoient à des réalités fragiles qui n’ont finalement pas d’importance véritable.

En pratiquant un léger pas de côté, dans la pratique du Qi Gong alchimique taoïste, il est souvent fait référence au Ciel antérieur (L’espace-temps qui précède notre naissance) et au Ciel Postérieur (L’espace-temps qui succède à notre naissance). La pratique alchimique suppose de remonter le temps pour retrouver l’origine et le Dao, afin de devenir « immortel ». La relativité générale du sens et du temps évoquée à l’instant, laisserait supposer que le sens de rotation du Yin/Yang est finalement très relative, importent peu, et que nos mémoires et blessures d’enfance par exemple se retrouvent autant dans notre passé que dans notre futur.

Les travaux de rétroaction temporelle du physicien Philippe Guillemant s’inscrivent également dans cette mouvance théorique.

A bien y réfléchir, dans la valse du monde qui est le nôtre, le Ciel antérieur comme le Ciel postérieur rejoignent tous deux l’origine (ou la destination), à l’image d’un cercle, ou mieux... d'une spirale !

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